• Julien Errard

« Les autorités ne nous écoutent pas » : le témoignage d'un médecin mobilisé à la frontière

Dernière mise à jour : 7 avr.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, nombre d'ONG se sont déployées à la frontière hongroise pour venir en aide aux réfugiés. András Spányik a co-fondé l'une d'elles en 2015, MedSpot. Il dénonce aujourd'hui l'absence d'implication des autorités dans la gestion de cette crise.

Dans son cabinet à Budapest (Hongrie), András Spányik, médecin généraliste et psychothérapeute, dénonce l'absence d'implication des autorités à la frontière. ©Julien Errard

Populest : Qu'ont fait les autorités lorsque les premiers réfugiés sont arrivés à la frontière ?


András Spányik : Au commencement de cette guerre, nous avons pris contact avec les services de l'État hongrois. Une sorte de cellule d'urgence temporaire a été mise en place. Plusieurs consignes, parfois contradictoires, ont été données aux ONG qui se rendaient à la frontière. En réalité, nous pallions le manque criant d'engagement de l'État. Notre fondation s'est déployée cinq jours après le début de la guerre, à plusieurs points d'entrée des réfugiés à la frontière hongro-ukrainienne. Nous avons promis aux autorités de fournir des soins médicaux d'urgence 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.


Avez-vous reçu une aide financière de la part de l'État ?


Absolument pas. Nous n'avons reçu aucun financement du gouvernement. Nous avons lancé une collecte de fonds pour acheter du matériel médical, et même une ambulance permettant de transporter à l'hôpital les patients qui requièrent des soins plus lourds. Ce sont des volontaires, des entreprises privées et des mécènes qui ont aidé la fondation à travers des dons. Quelques organisations non gouvernementales internationales comme la Croix-Rouge ou l'Ordre de Malte ont toutefois reçu de l'argent de la part du pouvoir. Mais nous, nous devons nous débrouiller seuls. Les autorités ne nous écoutent pas.


Pourquoi dites-vous que les autorités ne prennent pas en charge la situation ?


En façade, la position officielle du gouvernement d'Orbán est de soutenir les organisations à la frontière et également les réfugiés. La réalité est tout autre. Il y a deux semaines, des politiciens de la majorité sont venus nous voir. Ils nous ont demandé ce qu'ils pouvaient faire pour nous aider. Si nous avions besoin de quoi que ce soit, nous n'avions qu'a leur écrire un courriel. Des mains ont été serrées, des photos ont été prises. Depuis, j'attends toujours une réponse de leur part.


Julien Errard

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