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Échange vote contre 10 000 forints ou contre de la viande

Dernière mise à jour : 7 avr.

Les organisateurs de la campagne « Clean vote » (Tiszta Szavazás), mobilisés en Hongrie contre les risques de fraude électorale, publient un bilan de la journée d’élection. Dimanche dernier, la population hongroise élisait ses députés. Des bénévoles surveillaient les bureaux de vote dans certains territoires du pays. Plusieurs auraient été témoins de tentatives d’achat de votes.

Sur les prospectus distribués, des informations sur la fraude, des conseils pour éviter les menaces et des contacts pour savoir comment réagir. Dans la bulle jaune, il y a écrit : « L'achat de votes est un crime. » © Nina Tapie

Combien pour vendre son vote ? Sur une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, un homme propose 10 000 forints (26 euros), si l’électeur prouve, photo à l’appui, qu’il a coché la bonne case sur son bulletin. Tournées à Onga dans le nord-est de la Hongrie dimanche dernier, le 3 avril, date des élections législatives, les images ont été partagées par des volontaires de la « Clean vote campaign ».


Les bénévoles de cette coalition d’associations surveillaient les alentours des bureaux de vote. Après un grand travail de sensibilisation aux risques de fraudes électorales en amont du scrutin, l’objectif était, le jour J, de récolter des preuves en cas de magouilles. Vidéos, photos, témoignages…


Hier, les membres de ce programme « pour un vote équitable » publiaient un bilan de leurs observations sur le terrain. D’abord, cette vidéo, tournée par un des activistes. La somme proposée représente environ 10 % du salaire le plus bas (85 000 forints, soit 230 euros). Les avocats de HCLU, une des associations qui coordonne la coalition, a déposé dans la foulée une plainte devant la Commission électorale.


À qui la faute ?


À Makó, dans le sud-est du pays, des bénévoles ont rapporté des expériences similaires, suspectant également des achats de vote. Selon leurs dires, deux ou trois voitures s’arrêtaient régulièrement devant deux bureaux de vote. Une fois leur bulletin dans l’urne, les électeurs étaient tous ramenés en un même lieu. Certains locaux auraient raconté aux volontaires qu’à cette adresse, les électeurs récupéraient cinq portions de viande, en échange de leur voix.


N’ayant pu pénétrer dans la maison en question, les volontaires de Clean vote ont appelé la police, qui a refusé d’intervenir. Selon le communiqué de presse, plusieurs habitants de la bourgade auraient désigné János Lázár, un député-candidat du Fidesz, le parti du Premier ministre, comme le potentiel acheteur des cochons rôtis, découpés et distribués.


Les associations font, enfin, aussi état de plusieurs agressions et insultes dans différentes régions du pays. Un stand a même été détruit par des partisans du Premier ministre, qui ont, toujours selon eux, crié : « Tout le monde devrait voter Fidesz ! »

Nina Tapie


Pour en savoir plus sur la Clean vote campaign





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