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À l’approche des élections, Péter Márki-Zay mise sur la lutte anti-corruption


En déplacement à côté du village d’enfance de Viktor Orbán, Ákos Hadházy et Péter Márki-Zay ont fait de la lutte contre la corruption le fer de lance de leurs derniers jours de campagne. En arrière plan à droite, une des immenses propriétés du Premier ministre actuel. © Germain Baslé


Face au Premier ministre sortant Viktor Orbán, la coalition menée par Péter Márki-Zay espère bien remporter les élections législatives. Pour marquer les esprits, l’accent est mis sur la lutte anti-corruption.


J-4 avant le scrutin. Mercredi 30 mars au matin, Péter Márki-Zay donne rendez-vous aux médias aux abords d’un champ, près de Felcsút, le village d’enfance de Viktor Orbán situé à une trentaine de kilomètres de Budapest. Le lieu n’a pas été choisi au hasard : au loin, on aperçoit une immense propriété connue pour faire partie des nombreux biens immobiliers du Premier ministre actuel. Le thème du déplacement : la corruption, et les moyens envisagés pour l’enrayer. À ses côtés, Ákos Hadházy, député hongrois membre de la coalition d’opposition. Après avoir rejoint le Fidesz en 2004, il révèle en 2013 une affaire d’attribution frauduleuse de marché au profit d’amis de Viktor Orbán et quitte le parti. Depuis, l’élu a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille.



Dans ses mains, Ákos Hadházy serre une énorme photo de la propriété en question vue du ciel. Pris par un drône, le cliché met en évidence l’immensité du domaine, acquis « de façon douteuse puis enregistré au nom du père de Viktor Orbán », selon les deux membres de la coalition. Alors que le député se lance dans une longue diatribe contre Viktor Orbán et son « système corrompu » Péter Márki-Zay opine du chef. Dans les faits, l’ONG Transparency International présente bien la Hongrie comme un pays accusant un niveau de corruption inquiétant. Avec un score de seulement 43/100, (0 représentant un pays très corrompu et 100 une nation « propre ») le pays emmené par Viktor Orbán depuis douze ans est l’un des plus corrompus de l’Union européenne. Aussi, 40 % de sa population estime que la corruption a augmenté sur l’année passée, et près de 20 % des utilisateur·rices des services publics rapportent avoir dû payer un pot de vin pour avoir accès à ces services.



« Poursuivre les criminels »


Parmi les solutions évoquées pour s’attaquer à la corruption, Péter Márki-Zay explique vouloir créer un institut anti-corruption, mené par son soutien Ákos Hadházy, déjà très investi dans le domaine. En cas de victoire ce 3 avril, Péter Márki-Zay confie son intention de rejoindre immédiatement le Parquet européen, organe chargé de rechercher, poursuivre et renvoyer en jugement les auteur·rices d'infractions pénales portant atteinte aux intérêts financiers de l'Union, comme la fraude ou encore la corruption. Pour ce faire, l’élu prend l’exemple de la Roumanie, pays auparavant très corrompu qui a finalement rejoint l’instance européenne. Avec un seul objectif en tête : « Poursuivre les criminel·les, et ne plus les laisser gouverner le pays. »


Noah Moulinet


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